Pas d’indemnité compensatrice de préavis en cas de licenciement pour inaptitude

Pas d’indemnité compensatrice de préavis en cas de licenciement pour inaptitude

Lorsque le médecin du travail notifie à l’employeur et au salarié un avis d’inaptitude, cet avis a des conséquences sur la relation de travail.

L’employeur a le choix de licencier ou reclasser le salarié.

1) La recherche de reclassement par l’employeur

    A compter de l’avis d’inaptitude, l’employeur n’a pas à payer le salarié durant un mois.

    Au-delà de ce délai d’un mois, l’employeur doit reprendre le versement du salaire jusqu’au licenciement.

    Cela permet d’enjoindre l’employeur à entreprendre rapidement des recherches de reclassement afin que le salarié ne soit pas sans ressources pendant une longue durée.

    Si l’entreprise ne reprend pas le paiement du salaire après le délai précité, l’employeur pourra être condamné à un rappel de salaires et des dommages et intérêts.

    2) Que se passe-t-il lorsque l’employeur ne reprend pas le versement du salaire ? le salarié peut-il demander le paiement d’une indemnité compensatrice de préavis ?

    Dans une affaire, soumise aux juges, le salarié, licencié pour inaptitude d’origine non professionnelle, sollicitait le paiement de l’indemnité compensatrice de préavis du fait que son employeur n’avait pas repris le paiement du salaire passé le délai d’un mois.

    La Cour de cassation a estimé que l’inexécution du préavis ne résulte pas de la faute de l’employeur mais de l’impossibilité pour le salarié d’inexécuté le préavis puisque dans le cadre de l’inaptitude le salarié n’effectue pas de préavis (Cass. soc., 5 juill. 2023, n° 21-25.797).

    De ce fait, si le licenciement n’est pas dépourvu de cause réelle et sérieuse, le salarié ne peut prétendre à une indemnité compensatrice de préavis même si l’employeur n’a pas repris le paiement des salaires au-delà du délai d’un mois de l’avis d’inaptitude.

    Dans cette affaire, l’employeur a tout de même été condamné à payer un rappel de salaires.

    Attention en cas d’inaptitude d’origine professionnelle, le salarié peut prétendre à une indemnité spéciale qui est l’équivalent de l’indemnité compensatrice de préavis.

    Il convient de rappeler que cette solution ne vaut que si le licenciement repose sur une cause réelle et sérieuse.

    Il est admis l’octroi d’une indemnité compensatrice de préavis au salarié licencié pour inaptitude non professionnelle lorsque le licenciement est dépourvu de cause réelle et sérieuse (manquement à l’obligation de reclassement) ou nul (l’inaptitude a pour origine des faits de harcèlement moral).

    A la lecture de cet arrêt, on en déduit que le salarié, y compris licencié pour inaptitude d’origine non professionnelle, devra démontrer que l’inexécution du préavis résulte de la faute de l’employeur pour obtenir le paiement de l’indemnité compensatrice de préavis.

    Ce contenu vous parle ?

    illustration-sabrina-chemakh-avocat-paris-justice-juridique-droit-travail-protection-sociale-affaires-justice-3
    Droit commercial, des affaires et de la concurrence

    Les conditions de la rupture brutale des relations commerciales

    La rupture brutale des relations commerciales établies constitue une pratique sanctionnée par le droit français. Elle vise à protéger les partenaires économiques contre une cessation soudaine et imprévisible d’une relation commerciale stable. Les conditions de la rupture brutale des relations commerciales sont définies par le code de commerce et les décisions de justice. Elle constitue un réel sujet pour les entreprises ayant des partenaires commerciaux. C’est pourquoi l’assistance d’un avocat est nécessaire pour éviter les écueils et protéger son entreprise. 1) La rupture brutale des relations commerciales : cadre légal L’article L442-1, II dispose : « Engage la responsabilité de son auteur et l’oblige à réparer le préjudice causé le fait de rompre brutalement, même partiellement, une relation commerciale établie, en l’absence d’un préavis écrit tenant compte notamment de la durée de la relation commerciale. » Ainsi, il faut déterminer les condition de la responsabilité de l’auteur de la rupture

    Lire la suite
    illustration-sabrina-chemakh-avocat-paris-justice-juridique-droit-travail-protection-sociale-affaires-495x491px-contentieux-urssaf-1
    Droit commercial, des affaires et de la concurrence

    Le recouvrement de créance

    Avocat en recouvrement de créance : procédure amiable et judiciaire en France Le recouvrement de créance constitue un enjeu majeur pour les entreprises confrontées aux impayés. Retards de paiement, factures non réglées, inexécution contractuelle : ces situations fragilisent la trésorerie et peuvent compromettre la pérennité de l’activité. Faire appel au cabinet, intervenant partout en France, permet d’agir rapidement et efficacement, tout en sécurisant juridiquement la procédure amiable ou judiciaire. I. Existence d’un contrat régulièrement conclu Le recouvrement suppose d’abord l’existence d’un contrat régulièrement formé entre les parties. En effet, il faut un accord de volontés sur les éléments essentiels (chose/prestation et prix) et absence de vice du consentement (erreur, dol, violence. En outre, la preuve de l’accord est déterminante : Un bon de commande ou un devis signé, un ensemble de facture déjà exécuté etc… un contrat écrit II . La notion juridique de créance Une créance correspond au droit

    Lire la suite
    illustration-sabrina-chemakh-avocat-paris-justice-juridique-droit-travail-protection-sociale-affaires-salarie-4
    Droit commercial, des affaires et de la concurrence

    La cession de parts sociales ou d’actions

    La cession de parts sociales ou d’actions constitue une opération stratégique dans la vie d’une entreprise. Qu’il s’agisse d’une transmission, d’une restructuration du capital, d’une sortie d’associé ou d’une levée de fonds, cette opération produit des effets juridiques, fiscaux et patrimoniaux majeurs. La cabinet de Maître CHEMAKH , intervenant partout en France, permet de sécuriser chaque étape et propose un accompagnement complet : détermination du prix, rédaction des actes, négociation de la garantie d’actif et de passif et gestion des formalités post-cession. I. Le cadre juridique de la cession de parts sociales (SARL) La cession de parts sociales est strictement encadrée par le Code de commerce. Le principe de l’agrément L’article L. 223-14 du Code de commerce impose, sauf exceptions, un agrément préalable des associés lorsque la cession intervient au profit d’un tiers. Cette règle protège le caractère intuitu personae de la société. En effet, la jurisprudence de la Cour

    Lire la suite

    Inscrivez-vous à notre newsletter !

    logo-sabrina-chemakh-avocat-justice-juridique-droit-travail-protection-sociale-affaires-512x512px-couleur-transparent-1
    Résumé de la politique de confidentialité

    Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Internet et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.